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lundi 15 septembre 2014

Intervention Mme Rocourt, au siège de l'UNESCO à Paris, le jeudi 10 septembre 2014


En 1994, le projet de “La Route de l’Esclave”, sur la proposition d’Haïti et des pays africains, fut mis en oeuvre.  A l’occasion de la 20ème célébration de ce projet, j’ai le plaisir de vous transmettre les mots de salutations du Président de la République d’Haïti, son Excellence Monsieur Michel Joseph Martelly, de son gouvernement et celles du peuple Haïtien tout entier.

Il y a plus de deux siècles, des hommes et des femmes issus de plus d’une cinquantaine d’éthnies africaines déportées sur la terre des Taïnos, eux-mêmes asservis et exterminés quelques siècles plus tôt, ont dit « Non ! ».  Non à l’asservissement, non à la déshumanisation, non à l’abetissement.  Pour la première fois dans l’histoire de cette pratique honteuse et odieuse pour l’opprimeur comme pour l’opprimé, des hommes et des femmes ont accepté le sacrifice ultime pour assurer à cette terre d’Haïti un peuple libre et fier.

Vivre libre ou mourir !  Libète oswa lanmo !  C’est à ce cri que pour la première fois, dans l’histoire de l’humanité, les chaines de l’esclavage furent brisées par ceux et celles qui avaient vécu l’horreur et les sévices les plus effroyables que l’homme puisse infliger à l’homme.  Elles furent brisées à jamais pour la terre d’Haïti. 

Cette révolution qui essaima la liberté dans les antilles, les Amériques et l’Europe, la Citadelle Henry érigée sur le pic Laferrière par ces hommes  et femmes fraichement sortis de l’esclavage, aujourd’hui en est le symbole à jamais reconnu.  Cette citadelle est notre réponse au fort de Joux où périt Toussaint Louverture.

Vivre libre ou mourir !  Dire non pas j’existe, mais je SUIS.  Je suis libre, fier et je me dis fils de cette terre.

Vivre libre ou mourir !  C’est par ce cri que naquit Haïti, la première République noire du nouveau monde.  Mais c’est au cri de « l’union fait la force »,  inscrit sur notre drapeau, qu’aujourd’hui nous nous réconcilions avec notre histoire.  L’histoire de la terre d’Haïti, des Tainos aux haïtiens, en passant par St. Domingue.  C’est à ce cri là que les fils et filles d’Haïti continueront à se battre pour le droit d’être les seuls à décider de la destinée de cette terre ; pour le droit même de faire leurs propres erreurs et c’est à ce cri aujourd’hui que nous la reconstruirons.

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