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lundi 15 septembre 2014

Visite de la Ministre de la Culture Madame Rocourt à Desdunes et à Gra...

DÉCLARATION DE PORT-AU-PRINCE SUR L'INTERDÉPENDANCE CULTURELLE FACE À LA GLOBALISATION


SIXIÈME RÉUNION INTERAMÉRICAINE DES MINISTRES    OEA/Ser.K/XXVII.6
ET HAUTS FONCTIONNAIRES CHARGÉS DE LA CULTURE    CIDI/REMIC-VI/DEC.1/14
12 et 13 août 2014    13 août 2014
Port-au-Prince, Haïti  



DÉCLARATION DE PORT-AU-PRINCE SUR L'INTERDÉPENDANCE
CULTURELLE FACE À LA GLOBALISATION

NOUS, LES MINISTRES ET HAUTS FONCTIONNAIRES CHARGÉS DE LA CULTURE DANS LES ÉTATS MEMBRES DE L’ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS (OEA), réunis à Port-au-Prince (Haïti) les 12 et 13 août 2014 à l’occasion de la Sixième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture, organisée dans le cadre du CIDI,

RECONNAISSANT:

La valeur intrinsèque de la culture comme attribut distinctif, unique et inséparable de tous les êtres humains et communautés, sa contribution à l'affermissement du tissu social de nos sociétés, sa fonction de dénominateur commun pour le développement intégré des peuples des Amériques par sa contribution au développement économique, social et humain,

La culture comme composante essentielle du développement qui favorise l’inclusion sociale, la lutte contre la pauvreté, la coopération, les échanges et le développement local par la valorisation, la protection et la promotion des traditions, des valeurs et des identités des peuples et des communautés locales des Amériques,

L’importance de la reconnaissance, de la préservation et de la promotion des patrimoines,  traditions et savoirs ancestraux relevant de l’histoire et de l’identité de peuples en vue de constituer et de sauvegarder la mémoire collective des peuples des Amériques, de faciliter  le dialogue interculturel par la reconnaissance de leurs similitudes et de leurs différences et d'assurer une meilleure transmission aux générations présentes et futures,

L'importance de préserver et de promouvoir le dialogue interculturel et le respect de la diversité des expressions culturelles dans la formulation et la mise en œuvre de politiques publiques axées sur le développement intégré et durable de nos communautés,

L'importante contribution de la culture au développement local, à la croissance économique et à l'inclusion sociale, son potentiel comme instrument dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans les pays des Amériques ainsi que le potentiel du secteur culturel pour contribuer à la diversification des économies vulnérables et émergentes ;

L'importance de prendre en considération la culture dans le programme de développement pour l'après-2015 en rapport avec les objectifs du Millénaire pour le développement, non seulement pour sa contribution à la paix, à l'inclusion sociale, à la tolérance et à la réconciliation, mais aussi pour son impact fondamental sur le développement économique inclusif de nos pays, tant comme générateur de revenu et d'emploi que comme élément central du développement durable,

La nature multiculturelle et multilingue de la région, fruit de ses peuples, en particulier ses peuples autochtones, originaires et d’ascendance africaine et la nécessité de reconnaitre, conserver et promouvoir les savoirs et les cosmovisions ancestraux,

Que, si la production de biens et services culturels représente une part considérable et croissante des économies des États membres de l’OEA, les statistiques disponibles indiquent que de nombreux pays de la région demeurent des importateurs nets de ces “produits créatifs”, et qu'il est donc important de préserver et de promouvoir la diversité des expressions culturelles, en impulsant l’élaboration, la production et la circulation de contenus locaux dans les Amériques ;

Que la Sixième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture, qui a pour thème “L'interdépendance culturelle face à la globalisation”, met en avant l'interconnexion et l'interdépendance croissantes des sociétés et des cultures du monde à mesure de l'expansion des technologies de la communication, du rapprochement accru entre les marchés et les particuliers ainsi que des convergences et influences réciproques entre les cultures,

Que l'interconnexion et l'interdépendance culturelles représentent tant un défi qu'une chance à saisir pour les pays des Amériques au regard de la préservation et de l'exploitation de leur patrimoine culturel au profit du développement local par le biais de relations avec d'autres secteurs de l'économie comme le tourisme, ainsi que par la production de biens et services culturels novateurs,

PAR CONSÉQUENT, NOUS, LES MINISTRES ET HAUTS FONCTIONNAIRES CHARGÉS DE LA CULTURE DANS LES ÉTATS MEMBRES DE L’ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS:

Soulignons l'importance d'explorer les options au sein du Secrétariat exécutif au développement intégré (SEDI) pour la création de programmes plus étroitement liés en matière de culture, de tourisme et d'autres secteurs, y compris l’utilisation des nouvelles technologies, dans le but de maximiser l'apport de la culture au développement social et économique des États membres de l'OEA.

Demandons à la Commission interaméricaine de la culture (CIC) de renforcer, avec le concours du SEDI, l'incorporation de la culture dans les mécanismes de coopération existants dans le cadre du Secrétariat général de l’OEA, afin de faciliter les échanges d’expériences relatives aux politiques publiques, aux activités de formation et au renforcement des capacités institutionnelles et humaines dans le domaine culturel, ainsi que l'élaboration et l'exécution de projets et programmes conjoints qui utilisent effectivement différents modes de coopération comme la collaboration accrue entre villes jumelées.

3.     Nous engageons à travailler avec les ministères d’autres secteurs, l'OEA  et d'autres institutions concernées afin d’établir le Programme de coopération culturelle La Citadelle en vue d’offrir des possibilités de formation et d’ échanges culturels aux jeunes entrepreneurs travaillant dans le domaine de l’élaboration de produits et services culturels.

4.    Nous engageons à collaborer avec les ministères d’autres secteurs, l’OEA et d’autres institutions connexes pour établir un programme de coopération et d’appui en faveur des cultures originaires et des peuples autochtones pour contribuer à la mise en valeur des savoirs ancestraux et des expressions culturelles originaires des Amériques.

 5.    Chargeons la CIC et le SEDI d’envisager la possibilité de souligner l'entreprenariat culturel comme faisant partie intégrante de leur programmation dans les domaines de la compétitivité, de l'innovation et du développement des MPME; et de reconnaître annuellement le travail novateur dans ce domaine à travers la création d'un Prix de l'Entreprenariat culturel des Amériques.

6.    Chargeons la CIC d’envisager la possibilité d’inscrire dans son programme, avec le concours du SEDI, des stratégies à l’appui du développement des industries culturelles qui ouvrent des débouchés pour faciliter la compétitivité des États membres, en particulier celle des États de plus petite taille et des petits États insulaires en développement, lesquels dépendent du développement de ce secteur non traditionnel pour diversifier leurs économies vulnérables.

7.    Chargeons la CIC d'explorer, avec le concours du SEDI, la possibilité d'établir un mécanisme de promotion virtuelle des cultures des Amériques qui sera consacré à l'éducation culturelle et artistique au moyen de la diffusion de livres et d'œuvres culturelles, artistiques, universitaires et journalistiques d’auteurs venus de la région toute entière ainsi qu’à des projets, à des institutions culturelles et à la législation pertinente, et de faire rapport sur les progrès et les résultats de cet exercice à la Septième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture, organisée dans le cadre du CIDI.

8.    Nous engageons envers la coordination inter-institutions, l’échange de données d’expériences, le soutien des politiques publiques qui encouragent l'entrepreneuriat culturel, l'élaboration de systèmes liés à l'amélioration de la saisie de données et à la mesure de la contribution de la culture à l'économie, ainsi que la conception de programmes culturels qui contribuent au développement des communautés locales et soient marqués par l'inclusion sociale et l'innovation.

Exhortons les autorités nationales appropriées d'identifier des synergies et des mécanismes de collaboration entre la culture, le tourisme et d’autres secteurs afin que ces secteurs contribuent de façon cordonnée au développement durable.

Félicitons les membres du nouveau bureau de la Commission interaméricaine de la culture (CIC) qui ont été élus lors de cette Sixième Réunion interaméricaine des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture, organisée dans le cadre du CIDI, et les exhortons à tirer parti de cette occasion pour revitaliser le travail de la CIC, en particulier l'accomplissement des mandats issus de cette réunion.

Remercions le Gouvernement et le peuple d'Haïti pour leur chaleureuse et généreuse hospitalité et pour leur engagement et contribution en faveur de la réussite de la Sixième Réunion des ministres et hauts fonctionnaires chargés de la culture, organisée dans le cadre du CIDI.

ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS
Conseil interaméricain pour le développement intégré
(CIDI)

Intervention Mme Rocourt, au siège de l'UNESCO à Paris, le jeudi 10 septembre 2014


En 1994, le projet de “La Route de l’Esclave”, sur la proposition d’Haïti et des pays africains, fut mis en oeuvre.  A l’occasion de la 20ème célébration de ce projet, j’ai le plaisir de vous transmettre les mots de salutations du Président de la République d’Haïti, son Excellence Monsieur Michel Joseph Martelly, de son gouvernement et celles du peuple Haïtien tout entier.

Il y a plus de deux siècles, des hommes et des femmes issus de plus d’une cinquantaine d’éthnies africaines déportées sur la terre des Taïnos, eux-mêmes asservis et exterminés quelques siècles plus tôt, ont dit « Non ! ».  Non à l’asservissement, non à la déshumanisation, non à l’abetissement.  Pour la première fois dans l’histoire de cette pratique honteuse et odieuse pour l’opprimeur comme pour l’opprimé, des hommes et des femmes ont accepté le sacrifice ultime pour assurer à cette terre d’Haïti un peuple libre et fier.

Vivre libre ou mourir !  Libète oswa lanmo !  C’est à ce cri que pour la première fois, dans l’histoire de l’humanité, les chaines de l’esclavage furent brisées par ceux et celles qui avaient vécu l’horreur et les sévices les plus effroyables que l’homme puisse infliger à l’homme.  Elles furent brisées à jamais pour la terre d’Haïti. 

Cette révolution qui essaima la liberté dans les antilles, les Amériques et l’Europe, la Citadelle Henry érigée sur le pic Laferrière par ces hommes  et femmes fraichement sortis de l’esclavage, aujourd’hui en est le symbole à jamais reconnu.  Cette citadelle est notre réponse au fort de Joux où périt Toussaint Louverture.

Vivre libre ou mourir !  Dire non pas j’existe, mais je SUIS.  Je suis libre, fier et je me dis fils de cette terre.

Vivre libre ou mourir !  C’est par ce cri que naquit Haïti, la première République noire du nouveau monde.  Mais c’est au cri de « l’union fait la force »,  inscrit sur notre drapeau, qu’aujourd’hui nous nous réconcilions avec notre histoire.  L’histoire de la terre d’Haïti, des Tainos aux haïtiens, en passant par St. Domingue.  C’est à ce cri là que les fils et filles d’Haïti continueront à se battre pour le droit d’être les seuls à décider de la destinée de cette terre ; pour le droit même de faire leurs propres erreurs et c’est à ce cri aujourd’hui que nous la reconstruirons.

Mme Rocourt, discours d'ouverture de la 6ème Réunion des Ministres et Hauts Fonctionnaires Chargés de la Culture



A L’OCCASION DE LA TENUE DE LA SIXIÈME RÉUNION DES MINISTRES ET HAUTS FONCTIONNAIRES CHARGÉS DE LA CULTURE
DE L’ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS (OEA)
12 et 13 AOÛT 2014, HOTEL CARIBE CONVENTION CENTER,
PORT-AU-PRINCE

Monsieur le Président de la République, Son Excellence Monsieur Michel Joseph MARTELLY ;

Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des États Américains, Monsieur Albert R. RAMDIN ;

Mesdames, Messieurs les Ministres de la Culture des États membres de l’OEA ;

Mesdames, Messieurs les Hauts Fonctionnaires chargés de la Culture, membres des différentes délégations ;

Mesdames, Messieurs les membres des grands corps de l’État ;

Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique accrédité en Haïti ;

Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux des organismes autonomes sous tutelle du Ministère de la Culture ;

Mesdames, Messieurs les représentants des différents secteurs de l’Administration publique ;

Distingués invités ;


Mesdames, Messieurs,

C’est un grand honneur de vous accueillir en Haïti. C’est en mon nom personnel, au nom des créateurs, créatrices et de tous les ouvriers de la culture que je vous souhaite la bienvenue, ainsi qu’une fructueuse participation à la Sixième réunion interaméricaine des ministres et des hauts responsables de la culture.

Le Président de la République, M. Michel Joseph Martelly, le chef du Gouvernement M. Laurent Salvador Lamothe, considèrent ce secteur comme prioritaire et depuis trois ans ne ménagent aucun effort pour sa valorisation, valorisation qui doit aboutir à sa rentabilité au profit des créateurs et créatrices, au profit du pays,  de chaque citoyen et  de chaque citoyenne.
La thématique centrale de cette rencontre « l’interdépendance culturelle face à la globalisation »  et chacun des sous-thèmes qui seront débattus au cours des différentes séances éclaireront d’autres voies vers cette route commune et l’accomplissement de ces vœux communs de travailler ensemble et d’améliorer tous les jours la vie de nos concitoyens et voisins.

La globalisation, l’interdépendance sont des réalités. L’équilibre dans les échanges entre les nations cependant n’est pas avéré. La construction de blocs régionaux, l’établissement d’échanges bilatéraux, le dialogue, à travers la culture particulièrement, peuvent contribuer à cet équilibre, à la création et  au renforcement de liens solides et durables entre les peuples. Aucune nation n’est trop petite ou insignifiante pour que son unicité culturelle ne puisse être montrée et partagée pour l’enrichissement de la communauté des nations. En Haïti nous avons beaucoup de choses à dire, à montrer et à partager.

Distingués invités,
Mesdames, Messieurs,

Il n’est un secret pour personne qu’Haïti est un pays vulnérable aux menaces naturelles multiples. Elle a connu différents déboires ces dernières années. Nos créateurs réussissent toujours à imposer positivement notre pays dans les médias internationaux et dans l’imaginaire collectif. Ils savent comment nous sauver des mauvais jours et nous voulons leur donner plus de moyens pour créer, pour circuler, pour apporter au monde le meilleur de nous-mêmes.
Louise Beaudoin, femme politique québécoise a dit : « la diversité culturelle : c’est le regard sur l’autre, c’est la lutte pour que cet ailleurs continue d’exister, continue de vibrer. C’est comme rester enraciné, tout en restant universelle »

Haïti traverse l’histoire du monde comme un pays généreux, ouvert. Elle a toujours offert et offre encore ce regard tourné vers l’autre dont parle madame Beaudoin. D’Israël à la Grèce en passant par le Venezuela, les Bahamas, on se souvient de ses prises de position courageuses en faveur de la liberté.
Toutes les expressions artistiques et culturelles haïtiennes charrient ce besoin de se tourner vers cet ailleurs dans cet élan de coopération et de fraternité.

Distingués invités,
Mesdames, Messieurs,

La Sixième réunion interaméricaine des ministres et des hauts responsables de la culture en Haïti nous motivera surement un peu plus pour mettre en commun nos ressources et nos talents pour le développement des industries culturelles et créer ainsi de la richesse pour  la région. Vous êtes dans le pays où tout le monde est persuadé que le développement, le bien-vivre viendra de la culture. Vous êtes, chacun, les bons amis, les bons interlocuteurs, puisque vous faites partie de ceux et celles qui travaillent tous les jours pour l’épanouissement de la culture et pour un juste partage des plus belles choses de ce monde. Encore une fois bienvenue et sachez que vous êtes chez vous, surtout bon travail.

Merci

Allocution de la Ministre de la Culture lors de lancement officiel de Livres en Folie ce lundi 16 juin 2014.

M. Le Directeur du Journal Le Nouvelliste,
M. le president directeur general de la UNIBANK
Madame l’invitée d’honneur, Kettly Mars
Mesdames Messieurs les éditeurs, distributeurs,
Mesdames Messieurs les représentants d’entreprises partenaires de Livres en folie
Chers Auteurs,
Mesdames Messieurs de la presse,

Je commencerai par remercier les initiateurs de Livres en folie, la Unibank et le Nouvelliste et tous les autres partenaires qui avec eux, depuis 20 ans, contribuent à réaliser cet événement devenu aujourd'hui incontournable.

Le Ministère de la Culture est fière d’être depuis quelques années le partenaire de Livres en folie, un partenariat qui s’exprime aussi dans l’engagement de plusieurs de ses institutions dans l’organisation de la quinzaine du livre, vingtaine cette année. C’est environ 25 conférences, rencontres, débats, spectacles et formations qu’elles ont proposés cette année, ainsi que d’exposition des « nouveautés » dans quinze villes où se trouvent les annexes de la Bibliothèque Nationale.

Livres en folie, à côté du fait qu’il est un bon baromètre de la production scientifique et littéraire Haïtiennes,  est un événement extrêmement généreux dans le sens qu’il peut mettre à côté l'un de l’autre des auteurs confirmés, de grande notoriété, avec le tout jeune qui n’était pas né il y a vingt ans et qui vient de publier peut-être sa première plaquette de poésie.
Des auteurs haïtiens connus, qui sont très demandés dans les foires et les salons internationaux, ont tous, même une fois, signé à Livres en folie où en ont été les invités d’honneur. Madame Kettly Mars, invitée d’honneur de cette vingtième édition, en est l’exemple. Livre en folie, est une super-plate forme pour communiquer, pour partager, et les jeunes auteurs l’ont compris ; il suffit de voir le nombre de livres qu’ils proposent chaque année. C’est heureux qu’il y ait un espace comme celui-là qui leur permet de soumettre, avec un maximum de visibilité, leur travail à l’appréciation de lecteurs et lectrices.
La culture soulève l’enthousiasme dans notre pays et nous apporte tellement de fierté et de bonnes nouvelles que nous ne pouvons pas être  étonnés de la montée en puissance, au fil des années, de Livres en folie. Nous nous réjouissons de cela et nous voulons continuer à soutenir ce magnifique évènement et à en encourager d’autres initiatives visant à inciter la création et la démocratisation du livre.

Pour sa vingtième édition, Livres en folie se tiendra sur deux jours, donc d'avantage d’occasions de rencontrer des auteurs, d’acheter les livres, plus de temps pour faire ses choix, discuter, revenir, parce que l’avantage avec les livres c’est que ce n’est jamais terminé. Même quand vous tournez la dernière page, le dernier mot n’est pas dit, au contraire.

Pour les auteurs, les lecteurs, les éditeurs, les imprimeurs, tous ceux et celles qui travaillent dans les métiers du livre, le jeudi de la fête Dieu et à partir de cette année, parce qu’il faut tout faire pour garder les deux jours, et pourquoi pas en faire trois ou quatre. La fête Dieu est l’un des jours les plus importants de l’année, pour le Ministère de la Culture aussi, qui vous félicite et vous souhaite une bonne vingtième édition de Livres en folie.

Merci !


Allocution de Madame Monique ROCOURT, Ministre de la Culture A l’occasion de la cérémonie de remise de bourses à deux diplômés

Allocution de Madame Monique ROCOURT, Ministre de la Culture
A l’occasion de la cérémonie de remise de bourses à deux diplômés en droit qui écrivent leurs mémoires sur le droit d’auteur.


Monsieur de Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques
M. Le Vice Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques
M. le Secrétaire Général de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques
M. le Directeur Général du Ministère du Commerce et de l’Industrie,
Madame la Directrice Générale du Bureau Haïtien du Droit d’Auteur,
Mesdames Messieurs les Directeurs Généraux,
Monsieur Wilhem Frish de la Fondation Deschamps
Messieurs et Dames les représentants des Cabinets d’Avocats,
Chers Etudiants et Etudiantes,
Messieurs et Dames de la Presse,
Mesdames, Messieurs les invités,

La protection du droit d’auteur implique la capacité pour un auteur ou un artiste  d’exercer et de défendre ses droits. Comment le faire si les avocats spécialistes du domaine constituent une denrée rare?  Peut-on laisser nos auteurs et artistes désarmés ? Non me direz-vous. Dans ce cas, nous ne pouvons accepter que les créateurs, qui sont des ambassadeurs de notre culture soient des orphelins du droit. Nous ne pouvons non plus laissser sans défense ces défenseurs de la culture.   Cette préoccupation que nous partageons tous, le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur l’a bien comprise en nous réunissant encore une fois, aujourd’hui.

Voilà pourquoi ce matin au Ministère de la Culture, une fois de plus, nous posons deux nouvelles pierres dans la construction de la société plus juste que nous appelons tous de nos vœux et que le Gouvernement tout entier, sous le leadership du Président Michel Martelly et du Premier Ministre Laurent Lamothe,  s’attelle, aux côtés de toute la population, à construire. Nous offrons deux bourses à deux jeunes juristes qui rédigent leurs mémoires sur La propriété littéraire et artistique, notamment ses missions économiques et de protection. Ces deux bourses, chacune de cent mille gourdes, comprennent aussi un accompagnement par des spécialistes du Droit d’Auteur, pour nos deux juristes, pendant toute la durée de la rédaction de leurs mémoires.
Je prends le temps de remercier, en mon nom et en celui de la Directrice générale du BHDA, les avocats qui, gracieusement et avec beaucoup d’enthousiasme,  font partie de ce projet.
La Ministre annonce déjà que dès l’année prochaine, nous augmenterons le nombre de bourses afin que des étudiants des autres Facultés de Droit, publics et privés, du pays puissent en bénéficier pour que dans les prochaines années, il y ait plus d’avocats spécialisés dans cette branche d’avenir qu’est la Propriété Intellectuelle.


Chers tous, ces deux bourses représentent deux petites pierres dans la longue construction de l’Etat de droit. Mais c’est une contribution combien essentielle pour la vitalité de ce qui fait de nous un peuple fier, de ce qui donne sens à notre présence au  monde, de ce qui nous donne notre image la plus belle : la culture.

En fait, cher invités, en posant des actes comme celui qui nous réunit ce matin, nous avons compris que protéger le droit d’auteur, c’est prendre partie pour la culture.








Exposé oratoire de la Ministre de la Culture, Madame Monique Rocourt, à l'occasion du «Mois de l’Héritage haïtien»/ Miami

Vivre libre ou mourir !

Si nous, Haïtiens, ne prenons pas conscience de notre valeur en tant que peuple ; si nous
n’arrivons pas à comprendre l’importance de cet extraordinaire héritage culturel que
nous possédons et que nous portons dans nos cœurs, il nous sera difficile de construire
notre présent, car toujours en quête d’un passé dont nous ne nous sommes pas encore
réapproprié.
Le drapeau est le symbole de tout ce que nous sommes en tant que peuple et en tant
que nation. Devant lui, il nous faudrait ressentir toute la fierté et la conscience des
luttes et des immenses sacrifices qui ont abouti à sa création et à son évolution.
Vivre libre ou mourir/ libète oswa lanmò

Comme le rappellent si bien nos éducateurs, nos premières luttes, nous les avons
commencé en tant qu’êtres libres réduits à la condition d’objets, puis en tant que
citoyens français luttant pour ne plus revenir à cette condition, jusqu’au jour où
Dessalines, succédant à l’immortel Toussaint, dans un champ de cannes près de
l’Arcahaie, créa le premier symbole de la jeune nation haïtienne et indiqua la voie de
l’indépendance et de la liberté.

Ce message que nous ont laissé nos ancêtres, avec ce premier drapeau, c’est comme
le dit si bien Madame Odette Roy Fombrun, celui de « se mettre ensemble pour faire
ensemble. » A travers notre devise, « l’Union fait la force, » c’est ce message qu’il veut
véhiculer.
Malgre tout sa nou te sibi pandan twa syèk, nou te fè chwa makònen kouraj nou ak raj
nou, pou nou di se moun nou ye !
Flanm sa a nou limen atravè drapo nou, jou 18 me 1804 la, li vinn yon boukan kote
chak ayisyen vin pran yon tizon pou l pote limen lòt boukan tout kote l pase pandan
plis pase yon syèk !
Cette union qui fut, autrefois, et qui nous donna notre drapeau, elle fut construite dans
le sang et la sueur, à travers une volonté farouche et commune d’avancer, malgré nos
différences, en faisant une force plutôt qu’une faiblesse ; en croyant à ce but ultime qui
devait se trouver au bout du chemin : un peuple fier et libre de décider SEUL de son
destin.

210 ans plus tard la valeur de ce symbole repose dans notre capacité, à mettre en
commun nos forces pour développer ce coin de terre qui est nôtre ; elle repose dans
notre capacité à retourner à nos racines et retrouver l’âme vibrante de 1804 où tous,
nous nous reconnaissions frères et compagnons de lutte, cette fois-ci pour la liberté
de penser, la tolérance, l’amour plutôt que la peur de « l’autre » ; notre capacité à être
déterminés à changer, une fois de plus, la donne dans la grande histoire de l’humanité
et du renouveau de l’homme. D’être de nouveau un phare et, derrière notre drapeau,
d’être :
• Une nation-réconciliée avec elle-même ;
• Un peuple si animé du souffle puissant de la liberté pour tous encore prêt à la
semer aux quatre coins du monde ;
• Un peuple dont l’indépendance, l’unité et la souveraineté ne font plus de doute,
car il n’aura plus besoin de la clamer pour continuer à y croire.
Que ce drapeau nous interpelle à nous souvenir…
…Nous souvenir de qui nous sommes et du chemin tracé pour arriver enfin à nous
connaitre comme HAÏTIENS !
Nou tout, nou se pitit yon sèl nasyon !
Yon nasyon ki te bay lemonn antye yon leson li pap janm bliye sou imanité l…
Yon nasyon ki gen odas kenbe tèt li dwat malgre tout tray, malgre tout dezas, pou li di
mwen egziste!
Yon nasyon ki pap janm bliye pitit li ! ke okenn nan pitit li pap janm bliye paske li
make andedan kè l !
QUE VIVE HAÏTI ! Que vivent TOUS ses fils, réunis dans une seule et magnifique
embrassade !
AYIBOBO




Extrait du discours de Monique Rocourt



Extrait du discours de Monique Rocourt :
« [...] Chers Directeurs des organismes déconcentrés et autonomes qui êtes les piliers du Ministère de la Culture,


Permettez moi de vous dire à quel point je m’estime chanceuse de pouvoir
assumer aujourd’hui cette fonction à laquelle je suis appelée, avec une
équipe forte et déterminée à produire des résultats concrets ; une
équipe prête à tous les sacrifices pour amener la culture haïtienne à
des sommets jamais encore atteints tant au niveau des arts en général et
des droits des créateurs qu’en celui de la recherche, de la
préservation, de la mise en valeur et de la présentation de notre
patrimoine matériel et immatériel.


Pendant toute cette dernière année, nous avons appris à nous connaître, à
évaluer nos faiblesses et rassembler nos forces, à nous soutenir
mutuellement au cours d’une année certes difficile, mais jalonnée de
beaux succès, d’opportunités ouvrant de nouvelles perspectives et
porteuses de grands rêves.


Encore d’avantage allons nous devoir nous serrer les coudes car, plus
que jamais, il nous sera beaucoup demandé. Cette année 2014, doit être
déterminante pour la culture haïtienne. Elle sera dure, elle demandera
de nous encore davantage que ce que nous étions prêts à donner. Je ne
peux vous promettre que du travail, du travail, et encore du travail.
Les heures seront encore plus longues, les débats plus que jamais
serrés, la pression plus forte. Mais je sais, comme vous, que
l’expérience sera exaltante.


Mes chers collaborateurs de l’ISPAN,


Je tiens à vous remercier du fond du cœur non seulement de m’avoir
accueillie chaleureusement à mon poste de Directrice Générale de
l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, mais aussi et surtout
de m’avoir vaillamment épaulée dans la réalisation de tant de projets
valables tout au cours de l’année écoulée malgré les nombreux écueils et
obstacles dont notre chemin a été jalonné. Merci de m’avoir fait
confiance et d’avoir accepté avec le sourire de subir mes moments
d’impatience et de frustration comme les trop longues journées de
travail. Votre collaboration sans faille a été déterminante dans le
succès du parcours récent de l’ISPAN.


De Sainte Suzanne à Milot, des Mattheux au Fort Jacques, du centre ville
de Jacmel à celui du Cap Haïtien, de l’île à Vache aux villes
historiques de l’Artibonite, des relations extraordinaires avec les
communautés de jeunes et de moins jeunes se sont tissées autour du
patrimoine et de la réappropriation des témoins de notre histoire.
Partout où nous sommes passés, la collaboration la plus franche et la
plus fructueuse a permis avec l’aide des municipalités et des élus
locaux, de faire atterrir de beaux projets. Nous avons brillamment
montré ce qui pouvait être accomplis lorsque les fils et les filles
d’une nation regardent ensemble dans la même direction.


A partir d’aujourd’hui, je m’engage à faire continuer sur une plus
grande échelle ces rêves multiples et variés que nous chérissons tous.
Nous avons du pain sur la planche et je sais déjà que je pourrai compter
sur chacun de vous ! »